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Présentation du film

Titre françaisInstitutrice (L')
Titre originalHaganenet
Résumé Une institutrice israélienne, Nira, découvre qu'un de ses élèves, Yoav, a un don extraordinaire pour la poésie. Des poèmes jaillissent de sa bouche, d'une étonnante beauté, d'une étonnante maturité. Mais le père de Yoav ne veut pas entendre parler de ce don. Nira, membre d'un club de poésie, s'approprie d'abord quelques-uns des poèmes du garçon, puis décide d'encourager et de promouvoir le talent de son protégé. Jusqu'au jour où tout dérape...
ActeursSarit Larry, Avi Shnaidman, Lior Raz, Gilad ben David, Ester Rada, Yehezkel Lazarov, Dan Toren, Guy Oren, Avishag Kahalani
Réalisateur(s)NADAV LAPID
Critique ** Curieux film. Il faut d'abord accepter le postulat de départ, à savoir la reconnaissance d'un enfant poète, auteur de poèmes qui ne sont pas vraiment de son âge. Postulat a priori peu réaliste, que le réalisateur Nadav Pavid atteste pourtant, en racontant dans le dossier de presse qu'il écrivait lui-même des poèmes à l'âge de son protagoniste et qu'il en a repris certains pour les besoins du film (notamment "Hagar"). Bon. Du coup, la présentation ébahie de ce talent à l'écran ne donne pas du cinéaste l'image d'un homme particulièrement humble et modeste... Mais passons. L'intérêt du film réside dans la relation qui se noue entre le petit Mozart de la poésie et son institutrice qui se donne pour "mission" de recueillir sa parole (poétique) dans un contexte peu réceptif. Cette relation porte en elle-même une charge symbolique et critique assez intrigante. La plus évidente est l'idée d'une défense des arts dans une société israélienne de plus en plus matérialiste, pragmatique et vulgaire, focalisée sur la toute-puissance de l'argent et de l'armée, une société conformiste où toute originalité ou aspiration "autre" semble être suspecte et de nature à être promptement condamnée. Dans ce film, chacun y va en effet de sa dénonciation ou condamnation sans appel. Nadav Pavid brosse ainsi un tableau social inquiétant et d'une certaine violence. Dans le même temps, il brosse le portrait d'une femme - l'institutrice - qui n'apparaît pas forcément comme un contrepoint positif dans ce climat délétère. Elle est certes présentée comme une idéaliste, une "résistante" face au rouleau-compresseur social, mais elle est aussi menteuse, manipulatrice et bien flippante dans sa volonté obsessionnelle de s'occuper de son "messie" (l'actrice Sarit Larry est parfaite dans le rôle de cette psychopathe aux yeux clairs). Faut-il voir derrière cette obsession un écho à un quelconque fanatisme religieux ? Peut-être. Quoi qu'il en soit, en matière d'empathie avec les personnages ou de sympathie pour leur histoire, on ne sait trop sur quel pied danser. Même l'enfant est difficile à cerner. Un sentiment inconfortable et une tension permanente dominent le film, renforcés par un style qui fait sens (mais parfois trop appuyé) : plans-séquences associés à des mouvements rapides de caméra et à de très gros plans étouffants. Voilà qui fait la richesse de l'ensemble et qui le rend aussi déroutant. Déroutant sur le plan symbolique et émotionnel, déroutant par certaines failles logiques (a-t-on jamais vu une porte de salle de bain qui se verrouille de l'extérieur ?), le récit demeure toutefois captivant d'un bout à l'autre.
C'est le second long-métrage de fiction de ce réalisateur israélien, après Le Policier (2011).

Frédéric Viaux (film vu le 12/09/2014 sur grand écran)

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Vos avis (1)

De villeurbannaise - 26/09/2014
Mon avis est très proche de celui de Frédéric Viaux ; ce film a quelque chose de fascinant et la tension qu'il engendre dure tout du long. On se demande comment des spectateurs ont pu le trouver long et ennuyeux ! En ce qui concerne le don de l'enfant, je ne suis pas d'accord avec tout ce qui est dit, pour ma part je trouve que seul le premier poème, "Hagar est belle", est à la fois sublime et a quelque chose d'enfantin ; les autres semblent plutôt des phrases inspirées ou répétées de poèmes entendus (son oncle ne lui a-t-il pas susurré de telles choses ?). Le personnage de l'instit est très subtilement construit : femme idéale ? sensuelle mais avec son jardin secret. J'ai été intéressée par la peinture de la société israélienne, l'obligation de l'armée, la simplicité de la vie conjugale (ils mangent des graines dans des bols), choquée par la scène où elle exalte le sentiment patriotique des enfants, qui fait penser à l'endoctrinement des jeunes nazis. Quelques scènes sont sans intérêt (quand elle va danser) mais peuvent s'expliquer par le fait qu'ils cherchent à s'étourdir dans une société sans repère. Enfin, coup de chapeau pour les deux principaux interprètes mais on peut se demander s'il n'y a pas une exploitation abusive du talent de l'enfant comme pour le personnage qu'il interprète.

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