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Présentation du film

Titre françaisSilence de la mer (Le)
Titre originalLe Silence de la mer
Résumé Dans un village français, sous l'Occupation, un vieil homme et sa nièce sont contraints d'héberger un officier allemand. Ce dernier, courtois et respectueux, tente de dialoguer avec ses hôtes, mais se heurte à un silence absolu. Il se plaît malgré tout, chaque soir, à rejoindre dans leur salon "ce vieil homme digne et cette jeune femme silencieuse", dont il apprécie le patriotisme. C'est l'occasion pour lui d'exprimer, en de longs monologues, sa francophilie et ses réflexions humanistes...
ActeursHoward Vernon, Jean-Marie Robain, Nicole Stéphane, Denis Sadier, Ami Aaröe, Georges Patrix
Réalisateur(s)JEAN-PIERRE MELVILLE
Critique ** Le court roman éponyme de Vercors, oeuvre phare de la "Résistance intérieure" et chef-d'oeuvre littéraire, donne une matière magnifique au premier long-métrage de Jean-Pierre Melville (qui avait seulement réalisé auparavant un court-métrage : 24 h de la vie d'un clown). On retrouve à l'écran, fidèlement rendue, la beauté immensément amère du roman : ce mélange d'illusion et de désillusion, d'espoir idéaliste et de lucidité déchirante, ce grand quelque chose de digne et de brisé qui reste longtemps en soi après la lecture du livre. Melville donne du corps et de l'âme à des scènes d'intérieur qui se répètent quasi immuablement : deux personnes muettes, assises près d'un feu de cheminée ; le bruit d'un balancier d'horloge ; un officier allemand, habillé en civil, debout, qui évoque posément une fraternité rêvée entre l'Allemagne et la France, admire les arts de ces deux pays et conclut chaque soirée par la même phrase : "Je vous souhaite une bonne nuit." Sans réponse. Howard Vernon trouve ici le rôle de sa vie, tout en classe froide et noblesse d'âme. Il est poignant. Et les liens tacites qui se créent entre les trois personnages principaux (respect, admiration, amour...) transcendent par leur subtilité et leur intensité l'austérité du contexte. Le seul point faible du film, c'est sa réalisation. Melville a tourné en moins de trente jours, avec un petit budget, en zappant le CNC. Des conditions qui seront proches de celles de la Nouvelle Vague, mais au final sans la liberté et l'inventivité stylistiques qui lui seront liées. La réalisation est hélas un peu raide, très classique (avec flash-back et narration en voix off), et manifeste parfois une théâtralité appuyée dans ses effets (visuels et sonores). Melville ne s'est probablement pas assez dégagé de l'oeuvre littéraire pour faire pleinement du cinéma. La facture formelle du film a vieilli. Mais le fond de cette tragédie intime et silencieuse reste très fort.
À noter que le tournage s'est déroulé en 1947, suivi d'une longue et compliquée postproduction. La première du film eut lieu fin 1948 et il fallut attendre avril 1949 pour la sortie nationale.

Frédéric Viaux (film vu le 11/03/1994, revu le 03/102014 sur petit écran)

Bande-annonce ou extrait

Une bande-annonce prétentieuse et démonstrative... Le film est plus fin.

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