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Présentation du film

Titre françaisTrains étroitement surveillés
Titre originalOstre sledované vlaky
Résumé Dans une petite ville tchèque, durant la Seconde Guerre mondiale, Milos s'apprête à devenir cheminot et à faire honneur, comme dit sa mère, à son "illustre lignée" : un père retraité et fainéant, un grand-père hypnotiseur qui s'imaginait capable d'arrêter un char par la seule force de sa pensée. Milos prend ses fonctions aux côtés d'un chef de gare mollement arriviste et amoureux des pigeons, d'un sous-chef libidineux, d'une contrôleuse qui lui fait les yeux doux...
ActeursVáclav Neckár, Josef Somr, Vladimír Valenta, Jitka Bendova, Jitka Zelenohorská, Vlastimil Brodsky, Libuse Havelková, Alois Vachek, Nada Urbánková, Ferdinand Kruta, Jirí Menzel
Réalisateur(s)JIRÍ MENZEL
Critique ** C'est le premier long-métrage du cinéaste tchèque Jirí Menzel, qui reste à ce jour son film le plus connu et le plus reconnu, puisqu'il lui a valu l'Oscar du meilleur film étranger en 1968. Pas mal pour un début... Auparavant, Jirí Menzel avait notamment été l'assistant de Vera Chytilová et avait réalisé un court-métrage, La Mort de M. Baltazar, intégré dans un film collectif, à sketchs : Petites Perles au fond de l'eau. Ce court-métrage était l'adaptation d'un récit de Bohumil Hrabal, comme le sera le long-métrage qui suivra. L'écrivain collaborera d'ailleurs au scénario de ces Trains étroitement surveillés. Jirí Menzel, lui, deviendra avec ce film l'un fer de lance du cinéma tchèque florissant des années 1960, au même titre que Vera Chytilová ou Milos Forman.
À la recherche d'une authenticité très inspirée par la Nouvelle Vague française, Jirí Menzel s'attache ici à des personnages du quotidien, dont il cerne les petites prétentions, les désirs, les désespoirs... Son personnage principal est à ses yeux un "adolescent maladif et attardé", un "martyr de l'amour" lancé dans un apprentissage sexuel compliqué. Portrait d'un jeune homme timide et naïf, en proie à des tourments qui le dépassent (impuissance, éjaculation précoce...) et qui le poussent même à faire une tentative de suicide. Portrait croqué avec un mélange de tendresse et de bouffonnerie légère. Mais aussi avec une ironie "en coin" qui transparaît dans les dialogues, dans la musique et dans une mise en scène truffée d'allusions sexuelles (notamment la fameuse "branlette" du cou de l'oie par la femme du chef de gare). D'autres scènes sont plus explicites et tout aussi savoureuses, comme celle où la jeune télégraphiste se fait littéralement tamponner les cuisses et les fesses par le sous-chef de gare. Tous ces moments célèbrent, avec une liberté de ton propre au cinéma des années 1960, le désir de vivre et de jouir d'une jeunesse prise, malgré elle, dans les affres de la guerre de 1939-1945. Le badinage laisse place étonnamment, dans le dernier quart du film, à l'idée d'une résistance face à l'occupant allemand. Et c'est dans cette association entre sexualité et guerre, dans ce contraste entre légèreté et gravité, que le film trouve son originalité douce-amère. Sans prétention et sans vulgarité, il n'atteint peut-être pas des sommets, mais touche au final par son humanisme discret et son sens de l'absurde.
Après cette réalisation, Jirí Menzel tournera deux autres films (Un Été capricieux et Crime au night-club) puis verra sa carrière bouleversée par l'arrivée des Soviétiques dans son pays. Alouettes, le fil à la patte (1969) sera censuré. Menzel reviendra au cinéma à partir de la seconde moitié des années 1970, sans jamais retrouver le succès international de ses débuts.

Frédéric Viaux (film vu le 14/11/2014 sur grand écran)

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