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Présentation du film

Titre françaisHantise (1944)
Titre originalGaslight
Résumé De son enfance passée à Londres, Paula Alquist garde un traumatisme lié à l'assassinat de sa tante, une célèbre cantatrice. Elle vit désormais en Italie où elle tombe amoureuse d'un pianiste, Gregory Anton, qui l'épouse. Peu après le mariage, Gregory émet le souhait d'habiter à Londres. Pour lui faire plaisir, Paula accepte de réinvestir la maison héritée de sa tante. Maison où plane toujours le mystère de sa mort et du vol de ses bijoux. C'est alors que le comportement de Gregory change...
ActeursIngrid Bergman, Charles Boyer, Joseph Cotten, Dame May Whitty, Angela Lansbury, Barbara Everest, Emil Rameau, Edmund Breon
Réalisateur(s)GEORGE CUKOR
Critique ** Le Roman de Marguerite Gautier, Indiscrétions, Madame porte la culotte, Une étoile est née, My Fair Lady... George Cukor nous a davantage habitué à des mélodrames, des comédies ou des films chantés/dansés. Cette incursion dans le polar/thriller est une rareté dans sa carrière. Mais c'est une réussite. Plus précisément, un remake réussi : celui d'un film britannique de 1940, Gaslight, réalisé par Thorold Dickinson, avec Anton Walbrook, Diana Wynyard et Robert Newton. La MGM en avait acquis les droits et voulait détruire toutes les copies en circulation (heureusement, sans succès) pour ne pas faire d'ombre au travail de Cukor. Lequel n'en avait pas besoin. Son savoir-faire, son intelligence et son goût étaient d'excellentes garanties. Aujourd'hui, la comparaison entre les deux films donne l'avantage au remake. Mise en scène plus subtile, travail visuel plus léché... Outre le film de Dickinson, Cukor se réapproprie le texte du dramaturge Patrick Hamilton qui était à la source de l'inspiration, et perpétue ainsi ce qui constitue sa spécialité : les adaptations de pièces de théâtre au cinéma. Par les costumes, les décors, les éclairages expressionnistes, il redonne vie au Londres de l'Angleterre victorienne. Il confirme par ailleurs sa réputation de grand directeur d'actrice en obtenant d'Ingrid Bergman l'expression d'un tourment psychologique et d'un amoindrissement de soi aux nuances infinies ; il sait aussi guider Charles Boyer vers un registre inquiétant, en contre-emploi. Il parvient, enfin, à créer un vrai film d'ambiance, entre morbidité et folie, dans une maison où le cloisonnement est autant physique que mental. Autour du thème du harcèlement moral, tout en persuasions insidieuses et humiliations répétées, Cukor cultive une tension très hitchcockienne (on songe à Soupçons). Les ficelles dramatiques sont parfois un peu grosses, mais le récit est efficace. Et l'ensemble, toujours classe.
Oscar 1945 : meilleure actrice (Ingrid Bergman) et meilleurs décors.
Petite surprise au casting : la présence d'Angela Lansbury (la future héroïne de la série TV Arabesque) dans un rôle de jeune domestique effrontée.

Frédéric Viaux (film vu le 06/11/1999, revu le 09/08/2015 sur grand écran)

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