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Présentation du film

Titre françaisHomme irrationnel (L')
Titre originalIrrational Man
Résumé Précédé d'une réputation de penseur radical, de séducteur d'étudiantes et de buveur invétéré, Abe Lucas débarque dans une université pour y enseigner la philosophie. Il entame ses cours en se montrant désabusé quant à l'utilité de sa discipline et quant au sens de sa vie. Malgré les yeux doux d'une collègue et d'une étudiante, il traîne sa dépression et ses pulsions suicidaires jusqu'au jour où la perspective d'une action, née d'une conversation entendue dans un bar, lui redonne l'élan perdu.
ActeursJoaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey, Jamie Blackley, Ethan Phillips, Betsy Aidem, Susan Pourfar, Tom Kemp, Sophie von Haselberg
Réalisateur(s)WOODY ALLEN
Critique ** Woody Allen et les frères Coen suivent plus ou moins la même trajectoire, alternant comédies et films plus dramatiques. Cet Homme irrationnel s'inscrit dans la seconde catégorie, même si le début est plutôt placé sous le signe de la comédie de moeurs et du jeu amoureux. Un événement de rupture oriente ensuite le récit vers une dimension plus sombre où le réalisateur laisse libre cours à son goût pour les intrigues criminelles, quelque part entre Crimes et Délits, Meurtre mystérieux à Manhattan et Match Point. Une dimension où il laisse aussi libre cours à l'expression de sa philosophie, en opposant le rationnel et l'irrationnel, la "masturbation intellectuelle" et la vraie vie, l'illusoire désir de maîtriser les choses et l'importance implacable du hasard. Pour exprimer tout cela, il revisite deux thèmes classiques de la littérature et du cinéma, l'esthétique du crime parfait et la "moralité" du crime. Il convoque ainsi Hitchcock et Dostoïevski, mais également - et c'est plus original - Sartre et le courant existentialiste français, pour un détournement à sa façon. En gros : l'enfer c'est les autres et le meurtre d'un de ces autres est une action qui peut donner du sens à l'existence. Voire la rendre joyeuse en comblant un vide... Woody Allen traite cette matière avec un mélange d'humour et de noirceur, de cynisme et d'absurde, qu'on lui connaît bien. Pas de grande surprise, donc, mais l'ensemble se suit avec intérêt et plaisir. Comme toujours, c'est subtilement écrit, bien réalisé (en explorant les subjectivités des deux personnages principaux par le biais de deux voix off successives) et bien rythmé par le montage. La photo de Darius Khondji est plus sobre qu'à l'accoutumée, mais réserve quelques effets intéressants, notamment lorsque la silhouette de Joaquin Phoenix apparaît vibrante et presque irréelle dans un beau contre-jour. La BO jazzy est agréable. Et enfin l'interprétation s'avère convaincante (sans tic allénien dans la diction), avec une petite surprise : Joaquin Phoenix, en héros romantique ventru et tourmenté, se fait voler la vedette par Emma Stone (déjà présente dans Magic in the Moonlight) qui est d'une justesse parfaite. Quelques bémols cependant : une valse-hésitation générale entre légèreté et gravité qui empêche le film d'atteindre des sommets dans l'une ou l'autre tonalité, quelques évolutions trop attendues et un dénouement que l'on aurait pu espérer plus fin. Mais cela reste globalement un "bon Woody Allen", comme on dit.

Frédéric Viaux (film vu le 14/10/2015 sur grand écran)

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Vos avis (1)

De Laurence - 02/11/2015
Tu es bien indulgent envers pépère Allen. Je suis allée voir le film, et je n'ai pas du tout aimé. Je trouve ça bavard, stéréotypé, et assez vain, en fin de compte. Sans parler de la fin, un peu ridicule. Dostoievski (mon auteur préféré aussi) sert de prétexte pour un discours mille fois rabâché.

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