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Présentation du film

Titre françaisSalo ou les 120 journées de Sodome
Titre originalSalo o le 120 giornate di Sodoma
Résumé 1944, dans la république fasciste de Salo, en Italie. Un duc, un évêque, un banquier et un magistrat capturent des jeunes hommes et des jeunes femmes, puis les emmènent dans une grande villa où ils devront satisfaire tous leurs plaisirs, toutes leurs volontés perverses et sadiques, au rythme des lectures de l'oeuvre du marquis de Sade.
ActeursPaolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Aldo Valletti, Umberto Paolo Quintavalle, Caterina Boratto, Hélène Surgère, Sonia Saviange
Réalisateur(s)PIER PAOLO PASOLINI
Critique * Expérience radicale et marquante. Ce dernier opus de Pasolini (avant qu'il ne meurt assassiné) ne faillit pas à sa réputation d'oeuvre difficilement regardable. En rapprochant l'éphémère république de Salo (1943-1945) des 120 journées de Sodome, Pasolini brosse un tableau à forte symbolique sociopolitique et convoque ce qu'il y a de plus vil, terrible et violent dans l'âme humaine. C'est une descente aux enfers (le film est chapitré par "cercles") où s'expriment crûment la liberté dévastatrice des bourreaux (abus sexuels, scatologie, tortures...) et l'asservissement complet des victimes. Certaines scènes provoquent vraiment un haut-le-coeur et l'ensemble génère un puissant malaise. On a rarement été aussi loin dans la représentation de la barbarie et dans l'image d'une humanité décadente. Pasolini dira de son film : "Ce n'est pas tant le souvenir de cette époque (la fin de la Seconde Guerre mondiale) qui m'a inspiré, que le spectacle du monde actuel." Vive les seventies...
Salo ou les 120 journées de Sodome témoigne, outre d'un pessimisme sans fond, d'une audace créatrice incroyable. Car Pasolini reste maître de son sujet, adoptant un style sec, filmant souvent de loin les scènes les plus dures. Le problème, c'est que le visionnage de ce film comporte un aspect aussi fastidieux que la lecture du livre de Sade, dans sa longueur et sa répétition de monstruosités. Film et livre sont finalement plus intéressants à étudier qu'à voir ou lire... On peut d'ailleurs se reporter à l'excellente bibliographie que Pasolini indique dans son générique de début : Barthes, Blanchot, Beauvoir, Klossowski, Sollers.
Musique : airs d'époque choisis par Ennio Morricone.

Frédéric Viaux (film vu le 25/07/2009 sur petit écran)

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