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Présentation du film

Titre françaisInglourious Basterds
Titre originalInglourious Basterds
Résumé En France, sous l'Occupation. Trois destins qui se croisent. D'un côté : une bande de mercenaires emmenés par Aldo l'Apache, venus en Europe pour tuer un maximum de nazis. De l'autre : Shosanna Dreyfus, devenue Emmanuelle Mimieux, rescapée juive et patronne d'un cinéma parisien. Au centre : l'officier allemand Hans Landa, surnommé le "Chasseur de juifs", aussi courtois que cruel.
ActeursBrad Pitt, Christoph Waltz, Mélanie Laurent, Diane Kruger, Daniel Brühl, Eli Roth, Michael Fassbender, Til Schweiger, Mike Myers, Julie Dreyfus, Léa Seydoux, Sylvester Groth, Martin Wuttke, Christian Berkel, Samuel L. Jackson
Réalisateur(s)QUENTIN TARANTINO
Critique ** Ce qu'il y a de bien avec Tarantino, c'est qu'on a toujours beaucoup à dire sur ses films, quelle qu'en soit la qualité. L'énergie du réalisateur, son inventivité et sa passion du cinéma sont vraiment communicatives. Alors ça rend prolixe...
Nous voici donc dans un film historique. Euh... pas vraiment, finalement. Puisque le cinéaste réinvente l'histoire, en l'occurrence la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cela peut surprendre, voire laisser perplexe. Mais il fallait oser. Tarantino ose aussi le mélange des genres. Inglourious Basterds est à la fois un film de guerre (belle référence aux Douze Salopards), un drame et une comédie loufoque. S'ajoutent un peu de suspense, une touche de western (quelques scènes sont un hommage à Sergio Leone, avec gros plans, ralentis, musique ad hoc) et une petite complaisance d'ado attardé pour le gore (les scalps, les croix gravées). Voilà qui fait l'originalité de cette oeuvre, mais aussi sa limite. Car elle ne nous embarque jamais complètement dans un sens ou dans l'autre. Les ruptures de ton (dramatique/comique) sont incessantes et parfois déconcertantes. On peut préférer des scénarios plus homogènes et cohérents, comme ceux de Reservoir Dogs, Pulp Fiction ou Jackie Brown. Enfin, le réalisateur ose un film polyglotte, en faisant parler les personnages dans leur propre langue (avec sous-titrage, chose rare dans le cinéma US). Allemand, anglais, français... On aura même droit à quelques mots d'italien au cours d'une scène hilarante.
Pour le reste, on retrouve tous azimuts ce que l'on aime dans l'oeuvre de Tarantino. Les scènes d'action sont virtuoses (notamment une fusillade dans une cave, époustouflante). Des acteurs se révèlent : jadis John Travolta dans Pulp Fiction, ici Christoph Waltz. Il est fabuleux dans ce rôle de nazi dont l'absolue délicatesse du verbe et des manières contraste avec une froide monstruosité. Brad Pitt, lui, s'affirme de plus en plus dans le registre comique, après Burn After Reading des frères Coen. Quant aux petites Françaises, Mélanie Laurent et Diane Kruger en tête, elles s'en tirent vraiment très bien. Tarantino est un sacré dénicheur et directeur d'acteurs.
On note aussi une nouvelle inspiration cinéphilique. Pas seulement sous forme de clins d'oeil. Ici, le septième art est au coeur de l'intrigue, matériellement, historiquement. Un cinéma sert de décor à une partie du film, le personnage de Mélanie Laurent est une exploitante de salle, celui de Diane Kruger est une actrice allemande... Il y a en outre deux films dans le film (fictifs), sans oublier l'évocation de vraies oeuvres de l'époque (L'Enfer blanc de Piz-Palu, Le Corbeau...), de réalisateurs (G. W. Pabst, Leni Riefenstahl...), d'acteurs (Emil Jannings...). C'est une véritable profession de foi de cinéphile !
Dernier point important : les dialogues, beaucoup plus travaillés et diversifiés que dans Kill Bill ou Boulevard de la mort. La tchatche populaire, argotique et un brin vulgaire des Ricains mercenaires côtoie le langage châtié de l'officier allemand, d'un raffinement joyeusement pervers. Certaines joutes verbales sont particulièrement savoureuses.
Au final, tout n'est pas digeste dans ce film, loin de là. Mais il apparaît comme un brillant fourre-tout, réalisé par un cinéaste aussi doué que déconneur, aussi subtil que potache.
Prix d'interprétation masculine au festival de Cannes 2009 pour Christoph Waltz, qui a aussi obtenu l'Oscar 2010 du meilleur second rôle masculin.

Frédéric Viaux (film vu le 24/08/2009 sur grand écran)

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