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Présentation du film

Titre françaisViolette (Les)
Titre originalLes Violette
Résumé Violette 1, Violette 2, Violette 3. L'enfance aux trois visages. Reconstitution du passé d'une jeune fille.
ActeursEmmanuelle Destremau, Éléonore Pourriat, Gaëla Le Devehat
Réalisateur(s)BENOÎT COHEN
Critique * À l'origine, il y a une pièce de théâtre, créée par Emmanuelle Destremau qui cosigne le scénario de ce film et en est l'une des interprètes. Derrière la caméra, on retrouve Benoît Cohen (Nos enfants chéris...).

Le concept
Le film, comme la pièce de théâtre, repose sur un principe expérimental : trois actrices jouent tous les personnages, quels que soient leur sexe et leur âge. À savoir : la jeune Violette, sa mère, son oncle, ainsi qu'une serveuse de restaurant. Elles interprètent ces rôles alternativement ou incarnent toutes les trois le même personnage simultanément, présentant ainsi trois visages, trois voix d'une même identité. L'idée étant, semble-t-il, de cerner la diversité et les contradictions des sentiments d'une enfant, tout en matérialisant les différentes influences qui la déstabilisent. Ce principe permet aux actrices de montrer toute la palette de leur jeu. Il fait écho, dans un autre registre, à Smoking/No Smoking d'Alain Resnais (autre adaptation d'une pièce de théâtre), où Sabine Azéma et Pierre Arditi se "démultipliaient" avec bonheur.

Traumatismes
Dans ce récit très original, aux accents psychanalytiques et poétiques, l'humour n'est jamais loin du malaise. Les détails du quotidien cachent des abîmes d'angoisse, de frustration, de révolte. Sous une apparente légèreté de ton, le petit jeu de rôles mis en place est un théâtre de la cruauté, qui dissèque essentiellement la relation difficile mère/fille. Tout cela est lourd de névroses, entre amour, humiliation, culpabilité... Le père est absent, remplacé par un oncle qui éveille la conscience sociopolitique de la petite fille, ainsi que sa curiosité à l'égard des choses du sexe. S'ajoutent à cette confusion quelques interdits religieux et autres souvenirs d'école plus ou moins agréables.

Catharsis
Ce film est intéressant dans son principe, mais a de quoi laisser perplexe. Comme toutes les oeuvres cathartiques, il a quelque chose d'un peu gênant. Mi-enfantin, mi-adulte, faussement drôle ou drôlement grave... On ne sait pas toujours sur quel pied danser. L'exercice de style établit par ailleurs une distance qui semble exclure l'émotion et l'empathie.
On peut aussi se poser la question de l'intérêt de cette adaptation par rapport à la pièce de théâtre. Certes, le cinéma offre plus de facilités techniques pour dédoubler ou détripler les personnages. Mais au-delà de ça ? Tourné avec trois francs six sous, en peu de temps, le film souffre d'un manque de moyens pour transcender la dimension théâtrale, gommer l'aspect un peu artisanal des maquillages, des décors, ouvrir les horizons, donner des couleurs. Il s'en dégage une austérité un peu grise, un peu triste...

Frédéric Viaux (film vu le 20/01/2009 sur grand écran)
Article paru sur le site www.culturclub.com

Bande-annonce ou extrait

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