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Présentation du film

Titre françaisReligieuse (La) (1966)
Titre originalReligieuse (La) / Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot
Résumé Parce qu'elle n'est pas la fille de l'homme qui lui a donné son nom, Suzanne Simonin doit prendre le voile et ainsi cesser d'affliger sa mère. Mais la pauvre jeune femme n'a pas la vocation. Elle entre contre son gré dans un couvent où l'attendent bien des malheurs.
ActeursAnna Karina, Micheline Presle, Francine Bergé, Liselotte Pulver, Christiane Lénier, Charles Millot, Francisco Rabal, Wolfgang Reichmann
Réalisateur(s)JACQUES RIVETTE
Critique ** D'abord censuré par le secrétaire d'État à l'information (écoutant les plaintes de religieuses et, dit-on, celles de la femme du général de Gaulle), puis interdit aux moins de 18 ans, ce film est sorti dans les salles françaises le 26 juillet 1967, soit plus d'un an après sa projection houleuse à Cannes. Grosse polémique (et donc gros succès), à la mesure du scandale provoqué par le livre de Diderot, écrit en... 1760. Sur deux siècles, les tabous socioreligieux et les forces de censure sont donc bien tenaces. L'écrivain-philosophe des Lumières a dû se retourner dans sa tombe...
Les contempteurs du film y ont vu une atteinte à la religion. Il n'en est rien. Ce sont les fondements de la vie monastique et le fonctionnement des institutions religieuses qui sont ici mis en cause. Diderot s'est inspiré d'un fait divers : le procès perdu d'une jeune femme qui réclamait contre ses voeux. Il a ensuite brodé et plus ou moins fantasmé autour de certaines pratiques (persécutions sadiques, amours saphiques...) dans les couvents, lieux secrets dont on ne savait finalement pas grand-chose à l'époque. Son but : s'insurger contre les sacrifices de liberté non volontaires, contre toute forme d'oppression sociale ou religieuse, tout abus de pouvoir. Et défendre la liberté de conscience. Au-delà de l'aspect romanesque, la dimension sulfureuse réside dans la présentation de l'innocence bafouée. Sans sombrer dans les orgies sadiennes, La Religieuse n'en est pas moins une illustration des infortunes de la vertu...
Jacques Rivette et Jean Gruault (coscénariste et dialoguiste) sont restés assez fidèles au texte, atténuant cependant l'ironie de Diderot, mais pas la cruauté (scènes finales rapides et cinglantes). Quant au traitement visuel, il s'avère classique, rigoureux, épuré. Un revirement étonnant de la part de l'un des précurseurs de la Nouvelle Vague (Paris nous appartient). Enfin, la force dramatique du film doit beaucoup à la performance d'Anna Karina, investie corps et âme dans son rôle.

Frédéric Viaux (film vu le 17/04/2010 sur petit écran)

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