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Présentation du film

Titre françaisBataille d'Alger (La)
Titre originalLa Battaglia di Algeri
Résumé En 1957, les paras français débarquent à Alger, afin de faire cesser les actions terroristes du FLN qui milite pour l'indépendance de l'Algérie. Usant notamment de la torture, ils obtiennent des informations pour atteindre les leaders de l'organisation. Parmi eux : Ali la Pointe. Acculé dans sa cachette, il se remémore ses années de lutte.
ActeursBrahim Haggiag, Jean Martin, Yacef Saadi, Samia Kerbash, Fusia El Kader, Ugo Paletti, Mohamed Ben Kassen
Réalisateur(s)GILLO PONTECORVO
Critique ** C'est seulement trois ans après l'indépendance de l'Algérie que l'Italien Gillo Pontecorvo (ancien journaliste devenu réalisateur, politiquement engagé à gauche) a lancé ce projet de reconstitution historique de la bataille d'Alger et plus largement de la période 1954-1962. Projet ambitieux sur un sujet très sensible et encore brûlant. Le film a été coproduit par une structure italienne (Igor Films) et par les nouvelles autorités algériennes, représentées par Casbah Film. Cette boîte de production était dirigée par Yacef Saadi, ancien chef politique du FLN à Alger, qui a également interprété son propre rôle à l'écran.
D'emblée, on peut imaginer deux écueils : le manque de recul historique et l'absence d'objectivité, avec une orientation pro-algérienne. Mais le résultat surprend. Le scénario de Gillo Pontecorvo et de Franco Solinas témoigne d'un souci d'exactitude historique et d'équilibre entre les positions défendues par l'un et l'autre camp. Certes, le point de vue initial est celui d'Ali la Pointe et le récit intègre une part fictionnelle, mais le traitement de cette période trouble apparaît rigoureux et sans excès d'interprétation. Des dates, des faits, des aspirations et argumentations contraires, précisément exposées : le terrorisme algérien pour pousser les Français vers la sortie et obtenir l'indépendance ; le recours de l'armée française à la violence et notamment à la torture pour démanteler et décapiter le réseau du FLN, restaurer la paix sociale et maintenir l'Algérie française. Les horreurs des attentats et les victimes innocentes sont autant mises en avant que la barbarie des actes de torture et de certaines représailles françaises. Pas d'idéalisation d'un côté, pas de diabolisation de l'autre, pas de surdramatisation. Le réalisateur a réussi l'exercice délicat d'exposer les enjeux, les actions et les effets du conflit, de décortiquer l'engrenage de la violence, en gardant ses distances.
Un Lion d'or obtenu à Venise en 1966, un Grand Prix de la critique internationale et trois nominations aux Oscar n'ont cependant pas empêché les polémiques les plus vives, surtout en France, bien entendu. Le film n'est sorti dans l'Hexagone qu'en 1971, mais a très vite été retiré de l'affiche. La droite, plus précisément l'extrême-droite, a vu dans cette Bataille d'Alger un parti pris pour le FLN et une image fausse du comportement militaire français. Il a fallu attendre 2004 (!) et une projection dans le cadre du festival de Cannes pour que le film ressortent dans les salles. Le journal Le Monde a révélé qu'un an auparavant, en 2003, La Bataille d'Alger avait été montré à l'état-major US, afin d'établir un parallèle avec la situation en Irak...
Sur un plan purement cinématographique, le film est de bonne facture, malgré un petit décalage dans la postsynchronisation des voix. Beau noir et blanc, effets réalistes avec une caméra à l'épaule dans les ruelles de la casbah d'Alger, intensité des zooms et gros plans, ampleur des mouvements de foule...
Les acteurs sont tous non professionnels, à l'exception de Jean Martin (dans le rôle du général Matthieu, derrière lequel on devine le général Massu).
Musique : Ennio Morricone.

Frédéric Viaux (film vu le 01/01/2011 sur petit écran)

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