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Présentation du film

Titre françaisPiel que habito (La)
Titre originalLa Piel que habito
Résumé Robert Ledgard est une pointure en matière de chirurgie esthétique. Il s'est officiellement détourné de la pratique pour se consacrer à des recherches sur la peau synthétique. Chez lui, pourtant, réside une mystérieuse patiente, enfermée dans une pièce sous vidéosurveillance...
ActeursAntonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Jan Cornet, Roberto Álamo, Blanca Suárez, Eduard Fernández, Susi Sánchez, Bárbara Lennie, José Luis Gómez
Réalisateur(s)PEDRO ALMODÓVAR
Critique ** Ce qu'il y a de toujours réjouissant chez Almodóvar, c'est son audace romanesque. Rien ne lui semble impossible en matière d'intrigue échevelée ou d'évolution psychologique étrange. Avec La Piel que habito, libre adaptation d'un roman de Thierry Jonquet, Mygale, le réalisateur espagnol nous embarque encore dans une histoire abracadabrante, autour d'un de ses thèmes fétiches : la transsexualité. Mais il change de ton par rapport à ses derniers films, sacrifiant le lyrisme à la froideur et à la noirceur, pour coller aux thèmes des abus de la science, de la vengeance, ainsi qu'à une dimension monstrueuse. Voilà qui rend son film peut-être plus original que Volver ou Étreintes brisées, mais aussi moins émouvant et "plaisant". Le style visuel est toujours kitsch/pop, mais plus sombre et glacé ; le jeu des acteurs est également moins exubérant. Du côté de la narration, on retrouve le goût d'Almodóvar pour le mystère, les révélations façon puzzle (grâce au flash-back) et les rebondissements. Il en abuse un peu ici : à certains moments, le récit fait trop le yo-yo entre passé et présent, et le grand nombre de bouleversements mélodramatiques empêche finalement l'empathie. Pire, la succession des drames a parfois des effets tragi-comiques dont on ne sait s'ils sont volontaires ou non. La fin, par exemple, laisse une impression bizarre, à la fois forte et grotesque.
Plus réussies sont les incursions dans d'autres genres que le mélodrame, en l'occurrence l'épouvante et le thriller, avec le développement de certains thèmes accompagnés de nombreuses références. Ainsi, la réflexion sur la peau, le corps et l'identité sexuelle est une sorte d'hommage à l'oeuvre de Louise Bourgeois ; la dimension "chirurgicale et horrifique" doit beaucoup aux Yeux sans visage de Georges Franju ; le couple formé par le savant fou et sa créature fait inévitablement penser à Frankenstein, mais également à L'Ève future de Villiers de l'Isle-Adam, roman dans lequel un homme construit de toutes pièces une femme "idéale". Des critiques ont aussi vu dans le film des réminiscences hitchcockiennes (Vertigo, pour l'obsession amoureuse ; Rebecca, pour le personnage de la servante) ou buñuelienne (Tristana). Bref, il y a là un maillage culturel à la fois inspiré et ludique.
C'est enfin agréable de revoir Antonio Banderas dans un film intéressant : retour aux sources bénéfique, auprès d'un réalisateur qui avait lancé sa carrière et avec qui il n'avait plus tourné depuis Attache-moi, en 1989. Autres retrouvailles : entre Pedro Almodóvar et Jean-Paul Gaultier qui a créé les costumes du film après avoir collaboré à Kika.
Musique : Alberto Iglesias.

Frédéric Viaux (film vu le 18/08/2011 sur grand écran)

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