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Présentation du film

Titre françaisDésarrois de l'élève Törless (Les)
Titre originalDer Junge Törless
Résumé Au début du XXe siècle, en Autriche, le jeune Törless intègre un internat. Durant une nuit, un vol a lieu. Deux élèves, Reiting et Beineberg, démasquent le coupable et menacent de le dénoncer s'il ne satisfait pas leurs désirs. Le pauvre Basini va ainsi subir toutes sortes de sévices, sous l'oeil de Törless, observateur passif mais troublé.
ActeursMathieu Carrière, Bernd Tischer, Fred Dietz, Marian Seidowsky, Barbara Steele, Jean Launay, Lotte Ledl
Réalisateur(s)VOLKER SCHLÖNDORFF
Critique ** C'est le premier long-métrage de Volker Schlöndorff, qui fut auparavant l'assistant de Jean-Pierre Melville, d'Alain Resnais et de Louis Malle, ce dernier "parrainant" d'une certaine façon Les Désarrois de l'élève Törless, puisqu'il en assure la "supervision artistique". Le jeune réalisateur allemand adapte un roman de Robert Musil paru en 1906, dont il restitue bien l'ambiance malsaine et le pessimisme philosophique. Le récit, très maîtrisé, s'accompagne d'un style approprié, un noir et blanc austère et glaçant. Quant à la thématique de l'enfance ou de la jeunesse maléfique, c'est un topos de la littérature et du cinéma. Mais ici, le contexte donne à l'histoire une résonance particulière : l'expression de la cruauté et du sadisme de Reiting et de Beineberg, ainsi que la relative passivité de Törless brossent le tableau d'une génération qui portera et soutiendra, quelques dizaines d'années plus tard, le nazisme. La réflexion philosophique de Musil se dégage explicitement dans le monologue final du film : originellement, l'homme n'est ni bon ni mauvais ; ses actions peuvent l'incliner tout aussi naturellement vers le bien comme vers le mal, et faire de lui, selon le contexte, une victime ou un bourreau. Il n'y a pas d'ordre moral. Tout est possible, même les pires atrocités...
Prix de la critique internationale au festival de Cannes 1966. Le film marque le renouveau du cinéma allemand, après le tunnel de l'après-guerre. Du côté des acteurs, l'interprétation de Mathieu Carrière, mélange de distance et de trouble, est remarquable, tandis que la présence de Barbara Steele (Le Masque du démon, La Chambre des tortures...) est insolite.
Il y a un parallèle à établir avec Le Ruban Blanc de Michael Haneke, Palme d'or 2009, qui plonge aussi aux racines du nazisme, mais dans un contexte rural et sous un angle plus mystérieux.

Frédéric Viaux (film vu le 03/09/2011 sur petit écran)

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