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Présentation du film

Titre françaisBonnie and Clyde
Titre originalBonnie and Clyde
Résumé États-Unis, années 1930. À sa sortie de prison, Clyde Barrow, un jeune délinquant, séduit Bonnie Parker, une jolie serveuse de bar. Clyde commet un hold-up sans préméditation, comme par défi, et entraîne Bonnie avec lui. C'est le début d'une balade sauvage, rythmée par des braquages en tout genre et des meurtres. Le début d'une course-poursuite avec la police.
ActeursWarren Beatty, Faye Dunaway, Michael J. Pollard, Gene Hackman, Estelle Parsons, Denver Pyle, Dub Taylor, Evans Evans, Gene Wilder
Réalisateur(s)ARTHUR PENN
Critique ** Toujours du côté des marginaux ou des hors-la-loi, Arthur Penn s'inspire d'une histoire vraie, devenue une légende du banditisme, qui a aussi inspiré une fameuse chanson à Serge Gainsbourg, à la même période. Le réalisateur brosse le portrait de deux jeunes gens insouciants, embarqués dans une aventure sanglante qui les dépasse. Entre innocence et folie criminelle. Deux individus qui sont les purs produits d'une époque déboussolée, celle de la Grande Dépression. Le film connut un gros succès public à sa sortie dans les salles (malgré les protestations de quelques critiques effarouchés par la mise en scène de la violence et du désir). Cette histoire de rebelles trouva un fort écho à la fin des années 1960, alors que la jeunesse contestait l'ordre établi. Le film bénéficie toujours d'une aura culte, même si son impact est aujourd'hui moindre, sociologiquement et cinématographiquement parlant (sa trame narrative a été beaucoup reprise ensuite, parfois en mieux). Disons qu'il fait figure de classique du road-movie tragique.
Voici quelques bonnes raisons de le voir ou de le revoir : la beauté des deux acteurs principaux (le charme fragile de Warren Beatty, la sensualité nerveuse de Faye Dunaway) qui forment un couple mythique ; l'érotisme latent, mêlé de frustration, qui demeure la dimension la plus mystérieuse et osée du récit (Clyde se refuse à Bonnie, exprimant une forme d'impuissance, compensée par ses actes criminels) ; le romantisme de l'ensemble, accentué par un joli travail formel sur la lumière et les couleurs ; la violence sidérante de la dernière scène. Enfin, on soulignera l'importance de cette pièce dans le puzzle du tableau de l'Amérique que dessine Arthur Penn, film après film, toujours animé du désir de sonder la véritable histoire de son pays.
À l'origine du projet, il y a deux scénaristes : Robert Benton (qui réalisera plus tard le célèbre Kramer contre Kramer) et David Newman. Intéressés par l'histoire de Clyde Barrow et de Bonnie Parker, mais aussi très influencés par la liberté de ton de la Nouvelle Vague française, ils ont su convaincre Warren Beatty de produire le film, Beatty qui a ensuite convaincu les studios de le suivre et Arthur Penn d'assurer la réalisation. L'acteur-producteur avait aussi pensé à Truffaut pour jouer le rôle principal, avant de l'assumer lui-même. David Gaertner, dans "100 classiques du 7e art" (éditions Taschen), voit dans la naissance de ce projet une illustration de ce qui change à Hollywood dans les années 1960 : "Un acteur produit avec des sociétés de production indépendantes un film qui sera dirigé par un réalisateur aux idées artistiques bien arrêtées. L'influence des studios disparaît, le financement et la mise sur le marché devenant la tâche essentielle. En particulier dans sa représentation crue de la violence et de la sexualité, Bonnie and Clyde prouve que, même dans un grand studio, le Production Code qui garantissait l'innocuité morale des films hollywoodiens depuis des décennies peut être définitivement ignoré."
Oscar 1968 : meilleure actrice dans un second rôle (Estelle Parsons) et meilleure photographie (Burnett Guffey). Mais rien pour le réalisateur ni pour les acteurs principaux... À noter, enfin, la présence dans le casting de Gene Wilder, dans son premier rôle au cinéma.

Frédéric Viaux (film vu le 01/09/2007 sur petit écran)

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Vos avis (1)

De Didier - 31/01/2016
Ce film, bien que très bon dans son approche, ne figure pas parmi mes classiques préférés, certaines biographies de bandits américains ayant été parfois aussi bien sinon mieux réussies. À sa sortie, le film a suscité une polémique aujourd'hui bien dépassée, à cause d'une violence excessive dans les attaques et les fusillades sanglantes. Il est vrai qu'en 1967, cette violence tranchait avec celle plus brute mais plus contrôlée des vieux films noirs des années 40. Le rapport aussi entre la violence et l'érotisme latent ne plut pas à tout le monde ; pourtant, un film comme Gun Crazy (Le Démon des armes) en 1950 avait déjà préparé le public. Outre le fait d'avoir révélé Warren Beatty et Faye Dunaway, inoubliable couple mythique, le film affiche aussi un humour assez surprenant. À noter enfin que plusieurs personnes ont fait un procès à la Warner Bros en espérant obtenir une part des très fructueuses recettes du film, notamment le neveu de Clyde Barrow, la veuve et le fils du capitaine Hamer, la soeur de Bonnie Parker, qui s'estimèrent diffamés.

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