QuelquesFilms.com

Présentation du film

Titre françaisFaust (2011)
Titre originalFaust
Résumé Savant rebelle et sans le sou, Faust se lie à un inquiétant usurier qui le pousse au crime et à la luxure. Prêt à tout pour obtenir les faveurs de la belle et pure Marguerite, grâce aux pouvoirs de son mystérieux "ami", il accepte de signer de son sang un document par lequel il lui cède son âme...
ActeursJohannes Zeiler, Anton Adasinsky, Isolda Dychauk, Georg Friedrich, Sigurdur Skúlason, Hanna Schygulla, Antje Lewald, Florian Brückner, Joel Kirby, Eva-Maria Kurz
Réalisateur(s)ALEXANDER SOKOUROV
Critique ** C'est un film horriblement beau. Paradoxal et protéiforme. Cette variation sur le mythe de Faust, librement inspirée de l'oeuvre de Goethe, est à la fois raffinée et monstrueuse. Sur le plan visuel, Sokourov s'adonne à un expressionnisme forcené, filmant avec un filtre verdâtre et n'hésitant pas à déformer ses images pour créer une esthétique glauque et déstabilisante. Les images sont lourdes et nerveuses, captant dans un cadre souvent étroit les contorsions des corps rapprochés, corps caressés, heurtés, transpercés, éventrés... Quand le cadre est plus large, les plans sont composés comme des tableaux, sous l'influence revendiquée de peintres allemands tels qu'Altdorfer ou Spitzweg. Avec toujours quelque chose de plombé et d'étouffant. C'est une esthétique du malaise. En matière de dialogues (dont la langue est l'allemand, par fidélité au mythe de Faust), on trouve une autre dualité, un mix de propos vulgaires et philosophiques, bouffons et profonds. Parfois abscons. Il est question de matérialisme et de spiritualité, d'âme et de chair. De pouvoir et de corruption aussi. C'est d'ailleurs la thématique d'une tétralogie que Sokourov clôt avec ce film, après avoir réalisé Moloch, Taurus et Le Soleil.
Fond et forme associés donnent ainsi un genre hybride. Entre réalisme (souci du détail dans les décors, les costumes) et dimension fantastique (ambiance étrange, intrusion d'éléments troublants dans le quotidien). Entre drame intime (questionnements existentiels) et visions spectaculaires (apparition de morts-vivants à la fin, tournage des dernières scènes en Islande, dans un paysage sinistre et chaotique). Entre comédie (accents grotesques véhiculés par le personnage de l'usurier, nouveau Mephisto) et tragédie (mort et damnation).
Au final, cette adaptation de Faust apparaît comme un objet unique, fascinant par sa beauté bizarre, son ambition narrative, le jeu étonnant des acteurs, mais assommant par sa longueur et ses mélanges de tons qui laissent dans une certaine confusion.
Lion d'or au festival de Venise 2011.
Photographie de Bruno Delbonnel, le chef opérateur du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (!).

Frédéric Viaux (film vu le 29/06/2012 sur grand écran)

Bande-annonce ou extrait

Laissez votre commentaire sur ce film

Votre avis sera publié après soumission à modération.

Nom ou pseudo : (*)
Email :
Votre avis :
(*)
Il vous reste caractères
Code de sécurité :
lettrelettrelettrelettre
(*)
(*) Zones obligatoires