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Présentation du film

Titre françaisBon, la Brute et le Truand (Le)
Titre originalIl Buono, il Brutto, il Cattivo
Résumé "Blondin" (le Bon) et Tuco (le Truand) ont une petite combine efficace pour toucher plusieurs fois la récompense liée à la mise à prix de la tête de Tuco. Mais il y a plus intéressant. Les deux bandits apprennent l'existence d'un butin caché, volé aux Sudistes par les Nordistes, alors en pleine guerre de Sécession. Disposant l'un et l'autre d'informations complémentaires, "Blondin" et Tuco se lancent dans une chasse au trésor, poursuivis par un troisième larron, Sentenza (la Brute).
ActeursClint Eastwood, Eli Wallach, Lee Van Cleef, Aldo Giuffrè, Mario Brega, Luigi Pistilli, Rada Rassimov, Enzo Petito, Claudio Scarchilli, John Bartha, Livio Lorenzon, Antonio Casale, Sandro Scarchilli, Benito Stefanelli, Angelo Novi
Réalisateur(s)SERGIO LEONE
Critique **** Après Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Sergio Leone clôt en apothéose sa "trilogie des dollars" avec ce film où l'on retrouve le même personnage central, un personnage sans nom, surnommé "Blondin" ou identifié comme "le Bon" dans le titre, même s'il n'a rien d'un enfant de choeur. En fait, ce troisième film n'est pas la suite des deux autres épisodes, mais leur prologue. L'ensemble apparaît comme la trilogie fondatrice du western spaghetti qui s'impose alors comme un genre à part entière. Et ce, malgré les mauvaises critiques de l'époque (une contrefaçon pleine d'esbroufe, pour beaucoup). Mais le public, lui, n'a pas boudé son plaisir (6,3 millions d'entrées en France, notamment).
Après avoir fait ses armes dans le péplum, Sergio Leone a donc importé la mythologie de l'Ouest américain à Cinecittà et remixé à sa sauce les codes du western. Une sauce bien relevée, à base de pastiche et de parodie, qui n'exclut pas quelques morceaux plus sérieux, voire tragiques et lyriques (sur l'absurdité de la guerre, en l'occurrence la guerre de Sécession). Au-delà du fond, c'est la réalisation qui est ici exceptionnelle. Leone exploite toute la grammaire du cinéma avec une virtuosité ludique absolument jubilatoire : cadrages insolites, plans-séquences qui dilatent le temps, travellings en veux-tu en voilà, zooms fulgurants, très gros plans contrastant avec des plans larges sur les grands espaces. Le tout enchaîné par un montage au cordeau et accentué par la musique géniale d'Ennio Morricone. Côté mise en scène, le cinéaste dirige à merveille trois acteurs principaux (Eastwood, Wallach et Van Cleef) qui venaient à l'époque de la série B américaine. Il les "utilise" plus pour leur tronche patibulaire que pour leur talent d'orateur, le film étant volontairement pauvre en dialogues. Mais il y en a suffisamment pour permettre à quelques répliques de passer à la postérité. Parmi les plus fameuses, celle où "Blondin" explique sa vision du monde à Tuco : "Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent... Toi, tu creuses."
Western bouffon, western opéra tendance baroque, conclu par un règlement de comptes d'anthologie, ce film ne sera égalé, dans son genre, que par Il était une fois dans l'Ouest, du même Sergio Leone, deux plus tard.

Frédéric Viaux (film vu le 05/05/1994, revu le 25/07/2008 sur grand écran)

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Vos avis (1)

De Didier - 10/01/2016
Ce film est mon western préféré parmi ceux de Sergio Leone ; le revoir en DVD assez souvent est devenu une sorte de rite quasi jouissif. Après ses deux précédents westerns, Leone avait acquis suffisamment d'expérience pour installer tout un arsenal de codes à lui et de gimmicks : le goût des perspectives, les plans de visages rentrant brutalement dans le champ, la lenteur qui étire les actions, la théâtralisation de la violence, les sons amplifiés des coups de feu, l'alternance de plans larges et de très gros plans, la volonté de calquer l'action sur la musique... Il ne s'encombre pas d'un scénario compliqué, préfère les tribulations picaresques d'un trio de gars patibulaires au sein d'un contexte historique de guerre de Sécession, pour les réunir dans un vieux cimetière lors d'une scène finale d'anthologie, pour laquelle le maestro Morricone vous concocte une sorte de musique funèbre composée de maracas, castagnettes et trompette mexicaine. Cette scène est une quintessence de l'art leonien car le réalisateur y livre un festival de gros plans phénoménaux entre les colts et les regards sur la musique qui enfle, en cassant la conception du duel westernien qui d'ordinaire se déroule entre deux protagonistes. On retient aussi la scène chez l'armurier et quelques répliques célèbres ("Quand on tire, on raconte pas sa vie")... Bref, vous aurez compris que même 50 ans après sa réalisation, ce western garde toute sa force mythique ; pour moi, il est ancré à vie dans le subconscient.

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