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Présentation du film

Titre françaisInland Empire
Titre originalInland Empire
Résumé Une scène de prostitution dans un hôtel. Des personnages à tête de lapin qui évoluent dans un cadre domestique et déclenchent le rire de spectateurs. Une jeune femme qui pleure en regardant un écran de télévision. Une actrice qui décroche un rôle dans un film hollywoodien devant relancer sa carrière. Un film qui est le remake d'un autre film jamais achevé, dont les deux protagonistes principaux ont été assassinés. Un acteur don juan. Un mari jaloux. Et quelques digressions polonaises...
ActeursLaura Dern, Justin Theroux, Jeremy Irons, Harry Dean Stanton, Peter J. Lucas, Jan Hencz, Karolina Gruszka, Julia Ormond, Grace Zabriskie, William H. Macy, Nastassja Kinski, Laura Harring, Naomi Watts, Scott Coffey
Réalisateur(s)DAVID LYNCH
Critique ** Liberté créatrice absolue ? Projection d'un début de folie du réalisateur sur la pellicule ? Une chose est sûre : David Lynch n'est jamais allé aussi loin en matière d'expérimentation cinématographique et d'exploration psychique. Plus ou moins hermétique d'un point de vue intellectuel, Inland Empire ne se donne pas facilement. On s'y perd et on s'y retrouve. Il faut avancer, trois heures durant, sans se poser trop de questions... Se laisser simplement envoûter par un monde étrange et pénétrant, censé refléter les fantasmes et les angoisses d'une femme perturbée, qui est aussi une actrice en plein tournage. L'expression d'une schizophrénie s'associe à un dispositif de mise en abyme pour mêler inextricablement fiction, cauchemar et réalité. Lynch s'applique à échapper à tout cadre rationnel et laisse libre cours à une écriture cinématographique qui n'est pas sans rapport avec l'écriture automatique des surréalistes. Le film a d'ailleurs été tourné sans scénario, écrit au jour le jour.
Si les voix de l'inconscient du cinéaste sont relativement impénétrables, donc parfaitement déroutantes, sa production visuelle et sonore exerce en revanche un pouvoir de captation et de fascination peu commun. Le réalisme cru introduit par l'image DV est transcendé par une recherche de stylisation tous azimuts : éclairages violents ou glauques, petits effets spéciaux saisissants... Lynch s'est notamment "spécialisé" dans les intérieurs obscurs avec lampe rouge. Il aime aussi visiblement les gros plans appuyés à en devenir oppressants. Le montage épouse une navigation tout en ruptures, dessinant un vrai labyrinthe spatial et temporel. Enfin, la bande son est hypertravaillée, au diapason de l'image en matière de bizarrerie. Tout cela crée un univers sensitif hallucinant et presque hallucinogène. On quitte le film dans un drôle d'état. Comme après un mauvais rêve flippant mais libérateur.
À noter que Laura Harring et Naomi Watts, les actrices principales de Mulholland Drive, prêtent ici leur voix à deux personnages à tête de lapin... Quant à Laura Dern, l'une des interprètes fétiches de David Lynch depuis Sailor et Lula, elle est aussi coproductrice du film.

Frédéric Viaux (film vu le 03/12/2012 sur petit écran)

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