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Présentation du film

Titre françaisAu-delà des collines
Titre originalDupa dealuri
Résumé Partie travailler en Allemagne, Alina revient dans sa Roumanie natale pour y chercher Voichita qu'elle connaît depuis l'orphelinat et aime passionnément. Mais Voichita vit désormais au sein d'une communauté orthodoxe isolée ; devenue nonne, elle entend se consacrer à Dieu. Bouleversée par la résolution de son amie, Alina demande à intégrer la communauté, mais y perd ses nerfs. Le pope et les soeurs perçoivent ses crises comme des expressions du Malin auxquelles il faut répondre par un exorcisme.
ActeursCristina Flutur, Cosmina Stratan, Valeriu Andriuta, Dana Tapalaga, Catalina Harabagiu, Gina Tandura, Vica Agache, Nora Covali, Dionisie Vitcu, Costache Babii, Liliana Mocanu, Doru Ana, Ionut Ghinea
Réalisateur(s)CRISTIAN MUNGIU
Critique ** C'est austère, long, tendu et assez terrible au final. C'est aussi intelligemment écrit, mis en scène avec un réalisme froid très maîtrisé, et interprété avec force et conviction. Pas plaisant, donc, mais d'une qualité indéniable. Une qualité récompensée au festival de Cannes 2012 par le Prix du scénario et un double Prix d'interprétation féminine, qui font suite à la Palme d'or reçue il y a cinq ans pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, du même réalisateur. Voilà qui fait de Cristian Mungiu, auteur de trois longs-métrages seulement, l'un des nouveaux chouchous du festival et porte-étendard d'un cinéma rudement naturaliste.
Tout aussi exigeant que 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Au-delà des collines est cependant un peu moins complaisant dans le glauque et peut-être un peu moins éprouvant. Quoique... Après avoir sondé le tréfonds sordide d'une histoire urbaine d'avortement clandestin, le cinéaste plonge dans une autre réalité, plus rurale, où il est question de foi et de superstition, d'un obscurantisme que l'on croyait d'un autre âge. Mais pas seulement. Au détour de quelques scènes dans un hôpital, un poste de police ou une famille d'accueil, le film évoque une forme de déshumanisation et d'insensibilité à l'oeuvre dans toute la société. Il dit également le conflit entre un désir de liberté et un besoin rassurant de se soumettre à une autorité. Mungiu est ainsi moins dans un trip de transcendance à la Bernanos ou à la Dreyer que dans une analyse sociologique (avec un certain regard sur son pays) et philosophique. Les deux héroïnes sont deux jeunes femmes perdues, livrées à elle-même, qui cherchent un sens à leur vie, l'une dans la foi, l'autre dans l'amour, deux voies qui s'unissent ici dans la tragédie (inspirée d'un fait divers). Le tableau religieux est peint avec nuance, évitant toute condamnation péremptoire, à la faveur d'un exposé factuel. La communauté, bien qu'engoncée dans ses principes, se préoccupe du sort d'Alina (davantage que l'hôpital ou la famille d'accueil). C'est par amour et dans une démarche autodestructrice que la jeune femme se jette volontairement, sans en mesurer les conséquences, dans la "gueule du loup". Le loup, c'est le dogme, une croyance bornée, un pouvoir arrogé au nom d'une conviction profonde de faire le bien, une inconscience monstrueuse. La violence incompréhensible est là, dans ces traditions séculaires. Elle est aussi dans la modernité, avec cette évocation d'un fils qui a tué sa mère avant de diffuser les photos du meurtre sur Internet... Bref, la barbarie est partout, intégrée au quotidien. On en parle entre une chose et l'autre, à la manière de ce médecin qui interrompt son compte-rendu dramatique par un coup de fil personnel. Elle jaillit comme cette éclaboussure de saletés sur le pare-brise de la voiture des policiers, à la fin du film, plus ou moins nettement balayée par l'essuie-glace, d'un mouvement indifférent.
Parmi les coproducteurs du film : les frères Dardenne.

Frédéric Viaux (film vu le 04/12/2012 sur grand écran)

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