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Présentation du film

Titre françaisReservoir Dogs
Titre originalReservoir Dogs
Résumé Joe Cabot et son fils Eddie réunissent six gangsters, de différents horizons, pour braquer un diamantaire. Afin que chacun préserve le secret de son identité par rapport aux autres, Joe attribue aux membres de l'équipe des noms de couleur : Mr. White, Mr. Orange, Mr. Pink, Mr. Blonde, Mr. Brown et Mr. Blue. Le jour du cambriolage, rien ne se passe comme prévu. La police intervient très vite. Trop vite. Il y a un traître dans le groupe... Les survivants du casse vont régler leurs comptes.
ActeursHarvey Keitel, Tim Roth, Steve Buscemi, Lawrence Tierney, Chris Penn, Michael Madsen, Quentin Tarantino, Edward Bunker, Kirk Baltz
Réalisateur(s)QUENTIN TARANTINO
Critique *** Avant sa consécration avec Pulp Fiction, Palme d'or en 1994, Quentin Tarantino s'était fait un nom grâce à trois films, le premier en tant que réalisateur (Reservoir Dogs, son premier long-métrage), les deux autres en tant que scénariste (True Romance et Tueurs-nés). En trois coups de cuillère à pot, donc, il a imposé un style bien à lui, tout empreint d'une violence décomplexée, hyperbolique, esthétisée. Le projet de Reservoir Dogs, qu'il a porté d'un bout à l'autre, témoigne évidemment le plus du style Tarantino. Avec le recul, on peut voir dans ce film au titre mystérieux, mais qui claque bien, une véritable profession de foi et la pierre angulaire de l'édifice à venir. Il exprime d'abord le goût du cinéaste pour le cinéma de genre (ici le film de gangsters) et le désir de le révolutionner, au carrefour de références cinéphiliques (les films noirs US, les polars asiatiques hyperviolents et stylisés) et d'une inspiration très personnelle. Inspiration qui se déploie dans l'écriture de dialogues au ton nouveau : une tchatche inscrite dans un quotidien populaire, parfois vulgaire, aux effets burlesques. Reservoir Dogs réserve ainsi, surtout au début, quelques joutes verbales étonnantes et savoureuses sur le sens caché des chansons de Madonna ou le bien-fondé du pourboire au restaurant. Tarantino aime aussi les histoires dans l'histoire, blagues potaches ou récit d'expériences vécues. Plus largement, la narration du film brille par son originalité : fragmentation, allers et retours dans la temporalité, zapping des scènes clés habituelles (on ne voit rien du braquage proprement dit). Bref, c'est une déconstruction savante du récit classique. La mise en scène, quant à elle, joue sur des effets contrastés : cool et précise à la fois, sérieuse et bouffonne, avec un mélange de scènes spectaculaires (la scène de torture au pas de danse, avec l'oreille coupée ; l'hémoglobine coulant à flot) et d'épure (notamment dans le choix des décors, peu nombreux et dépouillés, le principal étant un entrepôt désaffecté). Le réalisateur offre un mix d'horreur et de classe pour un carnage en costard-cravate. Il y a également une alternance, accentuée au montage, de séquences étirées en longueur, avec ralenti parfois, et de ruptures brutales introduisant des visions chocs. Le tout étant ponctué par une excellente BO.
Tarantino, expérimentateur doué, cinéphile fou, joue ainsi avec la grammaire et l'histoire du cinéma. Ce premier coup d'essai, assez jubilatoire, impressionne malgré quelques "erreurs de jeunesse" dans les raccords ou dans le script.
Coproducteur : Harvey Keitel. Coproducteur exécutif : Monte Hellman.

Frédéric Viaux (film vu le 24/06/1994, revu le 24/01/2013 sur petit écran)

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Vos avis (1)

De Didier - 06/01/2016
Quentin Tarantino affirme soudain un style, un ton, une rigueur, une technicité, une vraie maîtrise nourrie de références cinéphiliques ; pour un premier film, c'est assez rare ; il a un goût immodéré pour le verbe, le dialogue vif et percutant, pour l'humour très noir et pour les bandes sonores constituées de vieux tubes des années 70. Ses gangsters vêtus de noir en deviennent même attachants, y compris Mr. Blonde, le plus sauvage d'entre eux, joué par un Michael Madsen sadique et vicieux dans une scène d'anthologie de coupage d'oreille, sur l'air de "Stuck in the Middle With You". Ce polar électrique a permis à une bande d'acteurs de se révéler, excepté Harvey Keitel, hors concours car déjà confirmé. Après ce film et sa violence frénétique et sanglante, on ne filmera plus jamais les polars de la même façon à Hollywood.

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