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Présentation du film

Titre françaisSpring Breakers
Titre originalSpring Breakers
Résumé Elles sont quatre. Quatre étudiantes états-uniennes qui aimeraient partir faire la fête au soleil pendant "Spring Break", la pause de printemps. Mais il leur faut de l'argent. Trois d'entre elles vont braquer un restaurant. Puis la bande prend la direction de la plage. Au programme des vacances : sexe, drogue et alcool ; fiesta et orgie à tout-va. Une descente de police les conduit cependant dans une cellule puis devant un juge. Intervient alors un gangster cool, qui paie leur caution...
ActeursVanessa Hudgens, Ashley Benson, Rachel Korine, Selena Gomez, James Franco, Gucci Mane, Sidney Sewell, Thurman Sewell, Heather Morris
Réalisateur(s)HARMONY KORINE
Critique *** Spring Breakers est un film étonnant, bluffant même. Où tout est affaire de maîtrise, d'équilibre entre immersion et distanciation. Immersion dans l'univers d'une certaine jeunesse, dont le réalisateur Harmony Korine restitue les délires fun et trash, sur un mode à la fois vulgaire et clinquant. Distanciation du regard pour brosser un tableau de ce qu'est le rêve américain aujourd'hui, pour cette jeunesse. Une jeunesse qui fait le grand écart entre, d'un côté, une tradition puritaine (incarnée par le personnage de Selena Gomez), un discours moral standardisé (comme en témoignent les dernières conversations téléphoniques des deux héroïnes avant le final), et d'un autre côté, une insouciance profonde, coupée des réalités (le braquage s'accomplit "comme dans un jeu vidéo"), doublée d'une fascination pour le dévergondage, les gangsters, l'argent facile, le pouvoir... Symbole gentiment subversif de ce grand écart : le choix des actrices, estampillées Disney, conviées ici à une balade sauvage, révisée façon MTV. Harmony Korine s'est approprié les références et codes culturels d'une génération pour en faire jaillir la naïveté, la pauvreté, voire la bêtise, mais aussi pour traduire son étrange pouvoir de séduction. Sans tomber dans la critique directe et facile, sans tomber non plus dans la complaisance, il réalise un film hyperstylisé en convoquant l'esthétique d'un David LaChapelle (les scènes de plage, au ralenti), les décors et les fantasmes d'un Snoop Dogg (à travers les portraits des gangsters), les chansons d'une Britney Spears : la scène où James Franco - très bon - chante au piano, devant une piscine, sur fond de soleil couchant, est assez irrésistible. L'essentiel du film est emballé sur un rythme hypnotique, dans un flux d'images aux couleurs pop flashy, avec des cadrages parfois renversants, pour créer un drôle d'objet sensitif et ironique, repoussant et séduisant. Une harmonie paradoxale entre fond et forme. Unique en son genre.

Frédéric Viaux (film vu le 09/03/2013 sur grand écran)

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