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Présentation du film

Titre françaisTrain sifflera trois fois (Le)
Titre originalHigh Noon
Résumé Par un beau matin, le marshal Will Kane épouse une jolie quakeresse qui l'a convaincu d'abandonner son étoile pour mener une vie paisible. Mais la fête est gâchée par l'arrivée de trois cavaliers dans la ville. Ils vont attendre, sur le quai de la gare, le train de midi. De ce train doit débarquer Frank Miller, un hors-la-loi jadis envoyé en prison par les bons soins du marshal. Il y a de la vengeance dans l'air... N'écoutant que son courage (et pas sa femme), Kane se prépare au combat. Seul...
ActeursGary Cooper, Grace Kelly, Katy Jurado, Lloyd Bridges, Thomas Mitchell, Otto Kruger, Ian MacDonald, Sheb Wooley, Robert J. Wilke, Lee Van Cleef
Réalisateur(s)FRED ZINNEMANN
Critique ** Le titre en VF est assez étonnant. Il est bien question d'un train, certes, mais on se moque de savoir qu'il siffle trois fois. Cela n'a aucune importance particulière dans le scénario. Passons...
Le film s'impose comme un classique du western. Classique est en effet sa construction dramatique, aux accents de tragédie antique, avec son unité de temps, de lieu et d'action. L'histoire se déroule quasiment en temps réel. Le fil conducteur est simple et son traitement relativement dépouillé. Mais là où le film s'avère moins classique qu'il n'y paraît, c'est dans la nature de l'opposition qui fonde le récit : il s'agit moins de l'opposition entre le marshal et les bandits que de l'opposition entre le marshal et la population de la ville. La majeure partie du film relate les efforts vains du personnage central pour rassembler des hommes en vue d'affronter les hors-la-loi. Abandonné par tous, ou presque, il incarne le courage individuel face à la lâcheté collective, le sens du devoir pour le bien commun face à l'égoïsme frileux. Il y a dans ce tableau de la société américaine une dimension peu glorieuse. Certains y ont vu une critique de la démocratie américaine ou un écho aux tensions sociales qui régnaient à l'époque, avec le maccarthysme. Peut-être. D'autant que le scénariste, Carl Foreman, a été blacklisté. Les dernières images du film, quand le héros jette à terre son étoile avant de partir, sont assez fortes et témoignent d'un certain dégoût. Très intéressant. Ce dégoût n'a pas été du goût des défenseurs de la belle et "pure" tradition du western, au premier rang desquels John Wayne, toujours bien droit dans ses bottes, bien conservateur, qui a pris en grippe le film à l'époque de sa sortie.
Autre point fort de ce western : son casting. Gary Cooper trouve ici l'un de ses plus beaux rôles, en humanisant la figure du héros. Un héros qui place très haut les questions d'honneur et de responsabilité (plus haut que les enjeux amoureux). Mais un héros démuni, fatigué, en plein désarroi. Dans un registre obstiné mais pathétique, l'acteur est parfait. Un autre membre du casting fait une belle impression, c'est Katy Jurado, dans le rôle d'une ancienne maîtresse du marshal, femme forte au caractère bien trempé. Enfin, deux acteurs peu expérimentés prennent date dans ce film : Lee Van Cleef (pour sa première apparition au cinéma), avec sa tronche impayable, et Grace Kelly, avec son joli minois.
Le train sifflera trois fois a obtenu quatre Oscar en 1953 : meilleur acteur (Gary Cooper), meilleur montage, meilleure musique (Dimitri Tiomkin) et meilleure chanson.

Frédéric Viaux (film vu le 27/01/2013 sur petit écran)

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Vos avis (1)

De Didier - 02/01/2016
Avec une vigueur exemplaire, Fred Zinnemann a signé probablement son meilleur film, en créant un suspense éprouvant, scandé par le leitmotiv musical de Dimitri Tiomkin. Jouant sur le tempo inéluctable qui s'écoule, le dénouement se situant à midi (d'où le titre original), le réalisateur organise le temps exact de la durée du film et fait transpirer le spectateur en distillant l'angoisse et l'attente qui deviennent étouffantes, jusqu'au règlement de comptes final enfin libérateur. C'est donc un western fort, implacable, sec, véritable allégorie de la solitude et de l'abandon, parabole sur la lâcheté et le courage, qui a aussi valeur de symbole dans cette Amérique en pleine "chasse aux sorcières" orchestrée par le sénateur McCarthy. C'est aussi l'exemple type de ce qu'on a appelé le sur-western, genre considéré comme un cadre formel dont le contenu développe les préoccupations du réalisateur plus que la thématique traditionnelle. C'est ainsi le premier grand western adulte qui permit de faire prendre conscience que le genre pouvait être beaucoup plus qu'un simple divertissement.

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