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Présentation du film

Titre françaisMort d'un cycliste
Titre originalMuerte de un ciclista
Résumé Maria José, épouse d'un riche homme d'affaires madrilène, et Juan, professeur à l'université, ont une liaison adultère. Ils roulent à bord de la voiture de Maria José lorsqu'ils percutent un cycliste sur une route de campagne. Craignant que cet accident ne mette au jour leur relation, les deux amants prennent la fuite et abandonnent le cycliste dont les journaux relateront, plus tard, la mort. Maria José et Alberto devront faire face à leur mauvaise conscience et au chantage d'un mondain.
ActeursLucia Bosé, Alberto Closas, Otello Toso, Carlos Casaravilla, Bruna Corrà, Julia Delgado Caro, Matilde Muñoz Sampedro, Alicia Romay
Réalisateur(s)JUAN ANTONIO BARDEM
Critique ** C'est le cinquième long-métrage de Juan Antonio Bardem (l'oncle de Javier), les deux premiers ayant été cosignés avec Luis García Berlanga. C'est aussi un film important dans l'histoire du cinéma espagnol, marquant un renouveau en des temps franquistes dominés artistiquement par un courant national-catholique. Le renouveau passe par une audacieuse peinture sociale, très critique, qui imprègne et nourrit une intrigue de film noir plus classique, rassemblant tous les bons ingrédients du genre : héros loser, femme fatale, adultère qui tourne mal, chantage, destin malheureux et ironie tragique. Cet aspect 'film de genre" est bien réalisé, bien interprété. Mais c'est le regard sur la société espagnole qui donne au film son réel intérêt, sa profondeur, sa densité. La société franquiste, Bardem nous la montre divisée entre une bourgeoisie hautaine, arrogante, et une plèbe misérable, considérée comme vaguement insignifiante et anonyme ; une bourgeoisie qui écrase littéralement le petit peuple (via la métaphore de l'accident de la route), tout en s'achetant une bonne conscience par le biais des "bonnes oeuvres" sociales ou religieuses. Le cinéaste décrit un petit monde de notables avides, hypocrites, égoïstes, lâches ; un petit monde où la position sociale et le matérialisme priment sur tout, la conscience, la morale, l'amour... Le regard est acéré, le discours et quelques effets stylistiques s'avèrent parfois un peu appuyés, mais l'ensemble demeure toujours intéressant et tendu. Il est surprenant de voir que ce film a pu passer le contrôle des autorités espagnoles de l'époque et être vu, notamment, à Cannes où il a reçu le Prix de la critique internationale en 1955. Mais après cette réalisation, Bardem, ses idées communistes et ses films engagés auront du mal à trouver une voie sereine en Espagne : arrestation par la police, tournage de Calle Mayor interrompu, censures en tout genre. Le réalisateur continuera quand même à tourner des films, semble-t-il moins retentissants, et à en produire d'autres, notamment Viridiana de Luis Buñuel, autre oeuvre subversive oubliée par la censure...

Frédéric Viaux (film vu le 10/05/2013 sur grand écran)

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