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Présentation du film

Titre françaisVie passionnée de Vincent Van Gogh (La)
Titre originalLust for Life
Résumé La trajectoire douloureuse de Van Gogh, fils de pasteur hollandais, ayant d'abord cherché sa voie dans la religion avant de trouver sa vocation de peintre. Ses premières années aux Pays-Bas, au sein d'une famille aisée et rigide, son expérience de la misère auprès de mineurs belges, la découverte à Paris, en compagnie de son frère, des peintres impressionnistes, son installation dans la ville d'Arles, sa relation avec Gauguin, son internement à Saint-Rémy, son suicide à Auvers-sur-Oise...
ActeursKirk Douglas, James Donald, Anthony Quinn, Pamela Brown, Henry Daniell, Madge Kennedy, Jeanette Sterke, Jill Bennett, Noel Purcell, David Leonard, David Bond, Niall MacGinnis, Lionel Jeffries, Everett Sloane, Laurence Badie
Réalisateur(s)VINCENTE MINNELLI
Critique *** Le début de ce biopic (adapté d'un livre d'Irving Stone, Lust for Life) fait craindre l'hagiographie hollywoodienne, en faisant de Van Gogh un exalté christique. Mais la suite ne confirme pas, heureusement, cette première impression. Le scénario plonge vraiment dans la vie de l'homme et dans son art, sans édulcorer son chaos, en respectant ses propos (repris des lettres adressées à son frère Theo) et son univers visuel. Le film a même été tourné, pour l'essentiel, sur les lieux de vie du peintre. Minnelli signe ainsi un biopic "honnête", bien peu hollywoodien sur le fond, finalement, car hanté par l'échec, la solitude, la dépression, la folie, la mort... Et qui plus est, très nourri d'histoire de l'art. C'était un sujet rêvé pour le réalisateur, ancien dessinateur et peintre, ancien créateur de décors et de costumes pour Broadway, et qui a toujours apporté un soin particulier aux couleurs dans ses films. Il s'est livré ici à un vrai travail d'esthète, dans un style hollywoodien classique flamboyant, certes, mais très inspiré, très fidèle au regard du peintre sur le monde et à l'évolution de ce regard au fil des années. En plus d'exploiter sa science des décors et des costumes, science de l'artifice qui l'aurait même poussé, selon la légende, à peindre parfois les feuilles des arbres, il a utilisé une pellicule spéciale, à laquelle il a fait subir un traitement chromatique non moins spécial, pour que le film épouse au plus juste les toiles de Van Gogh et sa palette de couleurs. Une hyperstylisation (à mille lieues de l'épure que proposera Pialat dans son Van Gogh) qui déréalise la réalité mais qui noue un étonnant lien artistique et empathique avec le peintre, au gré d'un va-et-vient fluide entre le monde extérieur, les "visions" de Van Gogh telles qu'imaginées par Minnelli et les toiles proprement dites, qui nous sont montrées régulièrement sur fond noir, en ponctuation du récit.
La qualité du film doit aussi évidemment beaucoup à l'interprétation de Kirk Douglas. On a d'abord un peu peur qu'il en fasse trop, et puis finalement on y croit à son personnage, idéaliste, impulsif, obstiné, un personnage à "l'âme inquiète", un "homme en lutte contre lui-même" qui s'exprime picturalement dans un style "contraint et heurté" et humainement dans un chaos d'actions emportées, mutilantes (l'oreille coupée) et suicidaires. Kirk Douglas y a mis toute sa fougue et son intensité. On y croit d'autant plus que la ressemblance physique a été bien travaillée (même si Douglas demeure plus costaud que son modèle). L'acteur a été nommé à l'Oscar pour sa performance, mais cette année-là (1957), c'est Yul Brynner qui a été récompensé pour le Le Roi et Moi. En revanche, Anthony Quinn, qui interprète Gauguin dans le film, a reçu l'Oscar du meilleur second rôle.
Au final, ce film porte bien son titre, anglais comme français, puisque l'on navigue entre enthousiasme fiévreux et souffrance. Avec beauté et force. Il bénéficie aussi de textes très écrits, trop probablement, mais justes et intelligents. C'est l'une des oeuvres préférées de Minnelli au sein de sa filmo.
Musique : Miklós Rózsa, dont la composition sombre malheureusement un peu dans le potage lyrique...

Frédéric Viaux (film vu le 14/09/2013 sur petit écran)

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