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Présentation du film

Titre françaisSnowpiercer / Le Transperceneige
Titre originalSnowpiercer
Résumé En voulant lutter contre le réchauffement climatique, l'humanité a signé sa perte. Ou presque. En 2014, un gaz a été diffusé aux quatre coins du monde, bouleversant les climats et introduisant une nouvelle ère glacière. En 2031, toute trace de vie a disparu à l'air libre. Seul un train continue de rouler à travers la planète : le Transperceneige, sorte d'arche de Noé, où a été instaurée une terrible hiérarchie sociale parmi les survivants. Dans les derniers wagons du train, la révolte gronde...
ActeursChris Evans, Song Kang-Ho, Ko Asung, John Hurt, Tilda Swinton, Ed Harris, Jamie Bell, Octavia Spencer, Ewen Bremner, Luke Pasqualino, Vlad Ivanov, Alison Pill, Emma Levie, Tómas Lemarquis
Réalisateur(s)BONG JOON-HO
Critique ** Bong Joon-ho (Memories of Murder, The Host...) a puisé dans une bande dessinée française des années 1980 un super canevas post-apocalyptique, original et riche en métaphores sociales, politiques voire philosophiques. L'idée de ce train aux allures d'arche de Noé, condamné à rouler sans s'arrêter pour assurer la survie de ses passagers, est un excellent moteur d'action, doublé d'un formidable symbole, celui d'une humanité lancé dans une fuite en avant et qui tourne en rond... Voilà une base de départ assez géniale. Plus classique et convenu est l'enjeu dramatique à bord du train : une lutte des classes née d'une structure sociale un brin caricaturale, divisée entre des riches dominants et des pauvres dominés. Mais le réalisateur parvient à transcender l'action grâce à une mise en scène et des décors très inspirés. Il y a d'abord une parfaite exploitation du huis clos, à la fois oppressant et riche en découverte, puisque l'évolution dramatique se fait de wagon en wagon, chacun ayant son univers propre. Il y a ensuite un mélange déconcertant de genres et de tons, entre une hyperviolence esthétisée (la séquence à la hache rappelle une séquence ahurissante d'Old Boy, de Park Chan-wook, qui est d'ailleurs ici coproducteur), un registre burlesque aux accents grotesques et trash (via le personnage incarné par Tilda Swinton, via également la scène de la "trève du réveillon" ou la scène de classe) et des visions surréalistes (le wagon-serre, le wagon-aquarium...). L'avancée chaotique sur cette échelle sociale d'un genre nouveau est prenante et surprenante, du début à la fin. La rencontre avec le maître du train, le Noé de l'arche, offre également un développement intéressant sur les régimes totalitaires : ou comment cultiver la peur et l'ignorance pour asseoir un pouvoir, manipuler pour contrôler, créer et détruire pour maintenir un équilibre vital et politique constant. Rien de très nouveau dans le propos, mais il y a là quelques ficelles bien perverses...
Par son inventivité, son intelligence, sa maîtrise, Snowpiercer se prête donc aux louanges. Petit bémol cependant, assez subjectif : en matière d'empathie et d'émotion, Bong Joon-ho peine à faire fondre la glace. Y a-t-il trop de personnages, pas assez de caractérisations ? Trop de micro-scènes mises bout à bout, pas assez étoffées pour qu'un sentiment s'imprègne vraiment dans la durée ? Quoi qu'il en soit, sans réduire les grandes qualités du film, il est un peu dommage que ce drame de la survie de l'humanité ne fasse pas jaillir un peu plus... d'humanité.

Frédéric Viaux (film vu le 02/11/2013 sur grand écran)

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