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Présentation du film

Titre françaisInside Llewyn Davis
Titre originalInside Llewyn Davis
Résumé Au début des années 1960, à New York, Llewyn Davis tente de percer sur la scène musicale. Il se produit dans une petite salle de Greenwich Village où il interprète ses folk songs. Mais ses disques ne se vendent pas ; son style ne rejoint pas les tendances du moment et son impresario n'assure guère sa promotion... Chanteur dans la dèche, squatteur de canapé ici et là, il lui faut aussi s'occuper du cas d'une (ex-)amie qu'il a mise enceinte et d'un chat roux qu'il doit rendre à ses maîtres...
ActeursOscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake, John Goodman, Garrett Hedlund, Ethan Phillips, Robin Bartlett, F. Murray Abraham, Adam Driver, Max Casella, Jeanine Serralles, Jerry Grayson, Sylvia Kauders
Réalisateur(s)JOEL COEN et ETHAN COEN
Critique ** Les frères Coen poursuivent leur alternance entre films "grand public" et films plus "personnels". A Serious Man avait succédé à Burn After Reading. Inside Llewyn Davis succède à True Grit. Dans ce nouvel opus, les Coen poursuivent par ailleurs leur exploration du monde de la lose, thème fétiche qu'ils traitent ici sur un ton assez différent. Rien à voir avec les variations philosophico-religieuses de A Serious Man ou avec la farce parodique de Burn After Reading. Moins burlesques, moins piquantes aussi peut-être, les mésaventures de Llewyn Davis (vaguement inspirées de l'histoire du chanteur new yorkais Dave Van Ronk) sont traitées avec plus d'empathie, moins de cruauté. Ce qui rend le personnage central touchant. Touchant par sa déveine systématique et sa malheureuse radicalité artistique (comme en témoigne son choix de chanson lors de l'audition à Chicago). Mais pas aimable pour autant, avec son caractère orgueilleux, aigre ou méchamment cynique parfois. Au demeurant, comme souvent dans le cinéma des frères Coen, il n'y a guère de personnages sympathiques dans ce film (à part peut-être les chats...).
Inside Llewyn Davis cultive une véritable amertume, assez rare sur la palette des cinéastes. La scène la plus amère étant celle qui fait se croiser brièvement Llewyn Davis et un autre chanteur dont la silhouette et la voix évoquent un certain Bob Dylan. L'ambiance générale, dont les caractéristiques cafardeuses et cotonneuses sont renforcées par les superbes lumières hivernales et/ou nocturnes du chef op' français Bruno Delbonnel, serait d'ailleurs totalement déprimante s'il n'y avait, comme toujours, mais plus en sourdine que d'habitude, cette ironie et ces touches absurdes assez jubilatoires.
Finement structuré en boucle, le scénario charge méticuleusement de mille et un petits échecs la galère errante du personnage principal, lui qui n'arrive même pas à se reconvertir dans la marine marchande... Il lui manque probablement une ou deux idées ou scènes fortes pour atteindre une autre dimension, mais la qualité est là, indéniablement. Qualité d'écriture (dont le fameux dialogue avec John Goodman dans la voiture), qualité de réalisation (très maîtrisée, très classe), qualité d'interprétation (Oscar Isaac, vu dans Drive ou Robin des Bois, révélation du film) et enfin qualité musicale, via une jolie BO constituée essentiellement de reprises de chansons folks des sixties, interprétées par les acteurs eux-mêmes.
Grand Prix au festival de Cannes 2013.

Frédéric Viaux (film vu le 10/11/2013 sur grand écran)

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