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Présentation du film

Titre françaisMes Séances de lutte
Titre originalMes Séances de lutte
Résumé Elle et lui. Elle débarque dans un petit coin de campagne pour assister à l'enterrement de son père et régler les questions d'héritage. Il vit seul dans cette campagne, dans une baraque où il bricole, lit et écrit. Tous deux se sont rencontrés quelques mois auparavant, au cours d'une nuit où il ne s'est rien passé selon lui, où il s'est passé quelque chose selon elle. Désir, incompréhension... Elle revient vers lui. Il la fuit et la cherche. Ils se provoquent. Tête-à-tête. Corps-à-corps.
ActeursSara Forestier, James Thiérrée, Mahault Mollaret, Louise Szpindel, Bill Leyshon
Réalisateur(s)JACQUES DOILLON
Critique **** Trop écrit, peut-être. Mais très bien écrit, c'est sûr. Brillamment écrit, même. Jacques Doillon propose une joute verbale dont il a le secret, entre deux êtres en lutte contre leurs désirs et leurs répulsions, contre eux-mêmes, contre l'autre, contre les autres (père défunt, frère et soeur autoritaires et condescendants, fantôme d'un amour passé...). Autant de combats qui se mêlent et s'entremêlent, autant de saillies verbales provocantes voire cruelles, qui puisent leur inspiration (et leur venin) dans la rhétorique amoureuse comme dans la psychanalyse (du couple, de la famille). Tout cela aurait pu se limiter à un exercice de style oral et littéraire, peut-être lassant sur la durée. Mais Doillon a su donner à son sujet une extension corporelle, une incarnation sensuelle assez extraordinaire, grâce à la contribution de James Thiérrée (petit-fils de Charles Chaplin), acteur et surtout chorégraphe. La joute verbale se conjugue à une joute physique. L'acuité intellectuelle exulte en une certaine puissance charnelle, via un ballet de corps qui se heurtent, se caressent, se pétrissent, se déchirent, se pénètrent. C'est ludique et grave à la fois. Radicalement cru. D'une intensité folle. Qui va crescendo, se nourrissant des transferts et autres catharsis jusqu'à l'expression libérée de la passion amoureuse. En matière d'érotisme violent, on peut y voir une sorte d'Empire des sens d'un genre nouveau. Doillon capte ce jeu farouche de séduction et de possession avec une épure (nombre réduit de personnages et de lieux, petite équipe technique sans maquilleur, coiffeur ni costumier) qui n'est pas sans virtuosité en termes de mise en scène (longs plans-séquences tournoyants) ou de direction d'acteurs. Des acteurs sidérants par leur engagement : Sara Forestier qui transcende ici son image de jolie actrice fraîche et enjouée, tout en offrant un heureux contrepoint naturel aux artifices d'écriture ; James Thiérrée qui traduit à l'écran, avec une belle présence, mi-ours, mi-loup, l'inventivité dont il fait preuve sur scène. Doillon les suit de très près, orchestrant un mouvement permanent de mots et de corps, avec une liberté et une audace de tous les instants. Il n'avait jamais atteint cette alchimie entre l'intellectuel et le sensuel. Ces Séances de lutte constituent probablement son meilleur film.

Frédéric Viaux (film vu le 12/11/2013 sur grand écran)

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