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Présentation du film

Titre françaisBorgman
Titre originalBorgman
Résumé Trois hommes, dont un prêtre, organisent une battue en forêt, bien armés et décidés à tuer un individu qui se cache dans un terrier. L'individu en question, vagabond ou clochard hirsute, réussit à leur échapper et à alerter deux compères également cachés sous terre. Il arrive ensuite dans une banlieue chic et sonne aux portes des maisons pour demander à prendre un bain. L'homme est repoussé et tabassé par un habitant, mais éveille la compassion de sa femme qui le fait entrer en douce...
ActeursJan Bijvoet, Hadewych Minis, Jeroen Perceval, Sara Hjort Ditlevsen, Alex Van Warmerdam, Tom Dewispelaere, Annet Malherbe, Eva Van de Wijdeven, Mike Weerts, Elve Lijbaart, Dirkje Van der Pijl, Pieter-Bas de Waard, Gene Bervoets, Pierre Bokma
Réalisateur(s)ALEX VAN WARMERDAM
Critique * Comme son personnage principal, Alex Van Warmerdam refait surface (du moins en France, médiatiquement parlant) avec ce film qui a été présenté dans la sélection officielle du festival de Cannes 2013. Le réalisateur néerlandais s'était fait remarqué dans les années 1980-1990 avec ses trois premiers long-métrages : Abel, Les Habitants et La Robe. Trois ovnis, dont l'un reste particulièrement en mémoire pour son surréalisme poétique : Les Habitants. Ses films suivants (Le P'tit Tony, Grimm, Waiter et Les Derniers Jours d'Emma Blank) demeurent inédits ou ont été très discrètement diffusés. On pouvait donc être assez excité à l'idée de découvrir la nouvelle création de ce Hollandais fantasque.
Toute la première partie du film comble nos attentes en matière de bizarrerie intrigante. Cette histoire de SDF qui s'incruste dans une famille pour en pourrir lentement mais sûrement l'ordre et la sérénité captive immédiatement. Le personnage central, sorte de démon sorti du Cauchemar de Füssli, agit comme le révélateur et le détonateur des tares de cette famille "cliché" de la bonne bourgeoisie néerlandaise : égoïsme, violence latente, désirs refoulés, hystérie, racisme, mélange de suffisance et de mauvaise conscience par rapport à la richesse (héritage de la culture protestante ?), etc. Van Warmerdam brode un canevas à la fois inquiétant et drôle, traversé d'éclairs surréalistes ou absurdes, toujours empreint d'un humour à froid étonnant et réjouissant.
Le problème, c'est que ce canevas est très référencé, pour ne pas dire un peu imité (Théorème, de Pasolini, pour la trame générale ; Funny Games, de Haneke, pour le jeu de massacre glacé ; quelques films de Buñuel pour l'esprit surréaliste antibourgeois). Et le réalisateur, une fois son dispositif narratif mis en place, peine à embrayer, à transcender sa "folie" très organisée, son entreprise méthodique de démolition. Ça patine un peu, ça se répète, ça s'égare en symboles parfois gratuits ou abscons, et surtout ça s'étire en longueur, une longueur qui finit par noyer un peu l'aspect subversif et explosif du propos. D'autant que le dénouement ne tient pas vraiment les promesses de l'originalité initiale. Ouvert aux interprétations, autour d'une possible révolution sociale, d'un effacement punitif des valeurs bourgeoises, ce film déçoit donc un peu dans ses développements et ses aboutissements. On attend toujours qu'Alex Van Warmerdam retrouve l'inspiration géniale qui était la sienne lorsqu'il a conçu Les Habitants.

Frédéric Viaux (film vu le 28/11/2013 sur grand écran)

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