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Présentation du film

Titre françaisChiens errants (Les)
Titre originalJiao You
Résumé Un homme et ses deux enfants vivent de bric et de broc dans la jungle urbaine de Taipei. La nuit, ils dorment dans un immeuble désaffecté de la périphérie. Le jour, l'homme gagne un peu d'argent en tenant une pancarte publicitaire près d'une autoroute, tandis que les enfants, livrés à eux-mêmes, errent dans un centre commercial, sous le regard attentif d'une femme...
ActeursLee Kang-sheng, Lee Yi-cheng, Lee Yi-chieh, Chen Shiang-chyi, Lu Yi-ching, Yang Kuei-mei
Réalisateur(s)TSAI MING-LIANG
Critique * Le générique de fin, simple défilé d'écritures blanches sur fond noir, doit être le moment le plus animé du film... Tout au long de sa carrière (Vive l'amour, The Hole, La Saveur de la pastèque, Visage, etc.), Tsai Ming-liang n'a cessé de cultiver un style terriblement statique et minimaliste. Ces Chiens errants (qu'il annonce comme son dernier long-métrage) présentent la quintessence de son art : dramaturgie restreinte, peu de dialogues, pas de musique, long plans fixes structurant une expérience du temps étirée à l'extrême...
Le cinéma du réalisateur taïwanais a toujours du succès dans les festivals internationaux (ce film a ainsi reçu le Grand Prix du jury à la Mostra de Venise 2013) et plaît en général beaucoup à la critique qui y voit un art exigeant, hypnotisant ou fascinant. On peut aussi trouver cette radicalité artistique mortellement ennuyeuse et s'agacer de la posture d'esthète du cinéaste qui noie son propos à force de le diluer de la sorte. Cette dilution n'est pourtant pas inintéressante en termes de cohérence symbolique. Dilution dans le temps. Dilution tout court. Cette histoire est une histoire d'eau : ça pleut, ça ruisselle sur les murs jusqu'à créer de fantastiques moisissures, ça pleure, ça pisse... Tout va à vau-l'eau dans ce film et illustre le thème central de la déliquescence sociale : précarité, misère, solitude et désespérance au sein d'une société de consommation déshumanisante. Il y a par ailleurs une qualité graphique indéniable dans la composition de tableaux qui donnent à voir une sorte d'apocalypse urbaine, et du talent dans l'interprétation de Lee Kang-sheng, acteur fétiche du réalisateur. Mais concrètement, le parti pris stylistique de lenteur et de longueur étouffe et anéantit ces qualités. Un parti pris complaisant, qui défie péniblement les lois de l'attention, comme en témoigne l'un des derniers plans-séquences du film : une quinzaine de minutes interminables sur deux personnages figés et muets... Au secours !

Frédéric Viaux (film vu le 16/03/2014 sur grand écran)

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