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Présentation du film

Titre françaisHiroshima mon amour
Titre originalHiroshima mon amour
Résumé À Hiroshima, quatorze ans après la bombe, une actrice française vient tourner un film international sur la paix. Elle s'éprend d'un Japonais. Doit-elle partir ou rester ? Dans cette capitale de la douleur, la douleur intime de l'actrice affleure puis éclate. Souvenirs d'une jeunesse à Nevers, d'un amour fou pour un Allemand tué pendant la guerre, d'une humiliation à la Libération...
ActeursEmmanuelle Riva, Eiji Okada, Bernard Fresson, Stella Dassas, Pierre Barbaud
Réalisateur(s)ALAIN RESNAIS
Critique *** C'était le premier long-métrage d'Alain Resnais, après dix ans de courts-métrages (fictions et documentaires). Il s'inscrit en pleine Nouvelle Vague, témoigne d'un style très novateur mais très éloigné des préceptes de spontanéité et d'improvisation suivis à l'époque par Chabrol, Truffaut ou Godard. Resnais collabore ici avec Marguerite Duras qui signe le scénario. Un scénario composé de dialogues et de monologues très littéraires, qui sont comme une pluie de mots suspendus, qui se répondent parfois en écho. Il faut s'habituer progressivement à cet artifice poétique, s'habituer à la diction scandée d'Emmanuelle Riva. Puis cette rythmique vaguement incantatoire produit son effet : entêtant, obsédant. Et permet d'accéder à une forme d'introspection nouvelle. C'est cette introspection qui transcende, sur le fond, l'histoire d'amour. Marguerite Duras tire une passerelle originale et audacieuse entre Hiroshima et Nevers, pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre souffrance collective et souffrance intime. Entre passé et présent. Entre mémoire et oubli. Les deux villes s'incarnent d'une matière humaine complexe, d'amour et de mort mêlées. Tout cela est exprimé de façon intellectualisée et sensible à la fois. Une sensibilité qui doit beaucoup au travail formel d'Alain Resnais qui répond aux échos du texte par des correspondances visuelles d'une grande beauté. D'une grande dureté aussi. Aux corps amoureux enlacés et couverts de sueur répondent des corps couverts de poussières ou de cendres. Ou des corps brûlés. Aux cheveux arrachés par poignées après le bombardement atomique au Japon répondent les chevelures tondues de femmes en France, durant "l'épuration"... Le montage, le noir et blanc, les jeux de lumière, les cadrages graphiques accentuent superbement les effets de rapprochement ou de contraste, les équilibres et les déséquilibres. Seule la postsynchronisation des voix apparaît parfois approximative dans ce film très précis, très pensé (peut-être trop) et vecteur d'une grâce douloureuse assez incomparable.
Prix de la presse internationale au festival de Cannes 1959.
Musique : Giovanni Fusco et Georges Delerue.

Frédéric Viaux (film vu le 29/06/2005, revu le 06/04/2014 sur petit écran)

Bande-annonce ou extrait


Hiroshima, mon amour par Films-Documentaires

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