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Présentation du film

Titre françaisChambre bleue (La)
Titre originalLa Chambre bleue
Résumé Julien Gahyde se retrouve face à un gendarme, face à un juge d'instruction, face à un psychologue en milieu carcéral... On lui demande de raconter, encore et encore, sa relation adultère avec Esther, sa relation conjugale avec Delphine, sa vie familiale et professionnelle dans ce petit coin des Pays de la Loire. Il parle et ouvre de grands yeux, ne semblant pas comprendre les accusations qui pèsent sur lui, constatant que "la vie est différente quand on la vit et quand on l'épluche après coup".
ActeursMathieu Amalric, Stéphanie Cléau, Léa Drucker, Laurent Poitrenaux, Serge Bozon, Blutch, Mona Jaffart, Véronique Alain
Réalisateur(s)MATHIEU AMALRIC
Critique ** Mathieu Amalric adapte le roman éponyme de Georges Simenon avec un vrai sens de l'épure, en 1 h 15, sans effet superflu, ni dramatique ni stylistique, au risque de paraître un peu sec et froid. Mais le résultat est efficace. Narration remarquable, fondée sur un va-et-vient entre passé (l'adultère à l'hôtel, la vie de famille...) et présent (celui de l'enquête, du procès...). Belle succession de flash-back et d'ellipses, très habilement montée pour nous faire reconstituer l'histoire à la façon d'un puzzle. Puzzle mystérieux, qui offre de multiples combinaisons possibles, grâce à une ambiguïté cultivée d'un bout à l'autre du film. A-t-on affaire à une nouvelle variation sur le thème des amants diaboliques ? À une manipulation de l'un des amants par l'autre ? À un cruel concours de circonstances ? Ou à un peu tout cela à la fois, arrangé in fine par l'intervention d'une tierce personne ? On se laisse facilement prendre au jeu. Un jeu très maîtrisé, bien interprété. Mais qui demeure classique sur le fond et dans son esthétique. Le précédent film de Mathieu Amalric en tant que réalisateur, Tournée, avait ouvert la voie d'une belle originalité. On est un peu surpris qu'elle se referme ici, qu'elle ne donne pas matière à un renouvellement du genre (le polar). Amalric est resté tout près de son Simenon, trop, probablement, et trop raisonnablement. D'où le petit côté "déjà vu" de cette honnête série B qui, malgré toutes ses qualités, laisse un soupçon de regret, celui de n'avoir pas été transcendée.
À noter le rôle à l'écran du dessinateur Blutch, en psy de prison. Il a aussi conçu l'affiche du film, comme celles des trois derniers films de Resnais.

Frédéric Viaux (film vu le 19/05/2014 sur grand écran)

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